Première CAV Spécialité - Lycom
Critique : Mickey 17 - Le Polyester
Héros malgré lui, Mickey Barnes se tue à la tâche… littéralement ! Car c’est ce qu’exige de lui son entreprise : mourir régulièrement pour gagner sa vie.
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Episode 80 : Mickey 17 by La gêne occasionnée
Critique cinéma par François Bégaudeau du film "Mickey 17" de Bong Joon-ho. Dans les années 2050, Mickey Barnes vit à crédit sur Terre, et est contraint de s’engager à bord d’une mission de colonisation spatiale. A bord, il occupe le poste de « remplaçable », un sous-prolétaire qui au gré d’expériences scientifiques meurt, puis renaît via à une bio-imprimante 3D... Jusqu’au jour où, par erreur, deux versions de lui-même se retrouvent à coexister. Pour soutenir le podcast : https://bit.ly/42tyDDW Date de sortie : 5 mars 2025 © 2025 – Warner Bros. Musique : © Set Off - Jung Jae II Extrait : © Picturehouse - Mickey 17 | Interview with Director Bong Joon-Ho © Fandango - The ‘Mickey 17’ Cast on Throuples and Drawing Inspiration From Jackass & Star Wars
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Peut-on vraiment dire la vérité quand tout pousse à la cacher ?

Cette question résume bien le film Dossier 137 de Dominik Moll, un drame policier mettant en scène Léa Drucker, sorti le 19 novembre 2025. Le film raconte l’enquête menée par Stéphanie, une enquêtrice de l’IGPN, la police des polices. Elle doit comprendre comment un jeune manifestant a été gravement blessé par un tir de LBD lors d’une manifestation. Ce qui paraît au départ être une enquête classique devient rapidement un dossier compliqué, entouré de mensonges, de pressions et de zones d’ombre.
Tout d’abord, Léa Drucker m’a vraiment impressionnée dans le rôle de Stéphanie. J’ai trouvé qu’elle jouait avec beaucoup de sincérité : on voit clairement ses moments de doute, mais aussi sa volonté de comprendre ce qui s’est réellement passé. Grâce à elle, le personnage paraît très humain !
Selon moi, le scénario est l’un des points forts du film. On suit les interrogatoires, les analyses de vidéos ou les recherches de preuves comme si on était plongé dans le quotidien de l’IGPN. Cette approche très authentique m’a fait réfléchir à la manière dont la police gère ce type d’affaires. J’ai aussi été frappée par la mise en scène, qui fonctionne justement parce qu’elle reste simple : des plans serrés et une lumière froide qui créent une ambiance tendue, parfois même oppressante. Le rythme, assez calme, aide à suivre clairement chaque étape de l’enquête et à en saisir toute la progression.
J’ai aussi trouvé que la quasi-absence de musique laisse place aux silences et aux bruits du quotidien, ce qui rend les scènes encore plus réalistes.
Enfin, à mes yeux, Dossier 137 traite de sujets importants : la confiance envers les institutions, les violences policières, et surtout la complexité du travail d’un enquêteur de l’IGPN, qui doit examiner les actions de ses propres collègues tout en restant impartial. Le film n’apporte pas de solutions toutes faites, mais il pousse réellement le spectateur à réfléchir, et c’est ce qui m’a beaucoup plu.
Dossier 137 est donc un film plutôt sérieux. Il est bien joué, bien réalisé et fait réfléchir sur des sujets actuels. Même s’il est parfois dur ou lent, il reste captivant et très réaliste. C’est pour ces raison que je le recommande.
Par Eva
Critique de film Léane

Comment une simple volonté de renouer un lien familial peut-elle se transformer en une descente aux enfers lorsqu’elle fait face à l’isolement et à la grandeur de la nature ?

Sukkwan Island est un film qui sortira en salle en février 2026. Il a été réalisé par Vladimir de Fontenay, réalisateur et scénariste connu pour son film Mobile Homes sorti en 2018. Ce film est un drame franco-norvégo-belgo-britannique et finlandais d’une durée de 1h55, adapté du célèbre roman de David Vann publié en 2009 aux États-Unis au sein du recueil de nouvelles intitulé Legend of a Suicide. Le film met en scène Swann Arlaud et Woody Norman dans les rôles principaux. L’histoire se déroule dans le Grand Nord, au sein d’une nature magnifique mais également impitoyable.

Le film raconte l’histoire d’un père qui décide de vivre une année isolée avec son fils adolescent sur une île du Grand Nord pendant un an. Il espère que cet éloignement total du monde leur permettra de se rapprocher et de renouer des liens, car ils ne se sont pas côtoyés depuis des années. Mais très vite, les conditions climatiques qui se révèlent être extrêmement rudes, l’autarcie, le manque de ressources à leur disposition et également l’instabilité mentale du père transforment ce séjour en un réel cauchemar et les amènent à faire face à de nombreuses épreuves. Tous ces éléments vont donc transformer cette aventure en un véritable drame.

Ce film se caractérise par la mise en scène de la nature, qui nous rappelle à quel point l’homme est petit face à sa force, notamment avec des plans d’ensemble où les personnages paraissent minuscules face à la grandeur du paysage. Les vastes paysages, les couleurs froides et les plans de grand ensemble soulignent la solitude des personnages et accentuent une sorte de sentiment d’enfermement et d’isolement complet avec le monde, malgré l’immensité du décor.
Le jeu des acteurs est également essentiel, car là est toute l’intrigue, notamment avec Swann Arlaud qui incarne un père instable et complètement troublé, passant d’une émotion à une autre, souvent dans les extrêmes, que ce soit une joie immense ou une colère intense. Woody Norman, qui incarne le fils, montre très bien un adolescent observateur et inquiet, avec une très grande maturité face à la situation, comme si les rôles s’inversaient et qu’il devait se charger de s’occuper de son père instable dont l’impulsivité est semblable à celle d’un enfant.
Ce film traduit également des thématiques fortes en abordant des sujets lourds tels que les troubles psychologiques et la famille brisée. La bande sonore utilisée joue également un grand rôle : réalisée par David Cordero, elle renforce l’ambiance pesante avec un rythme lent et discret.

J’ai trouvé le film Sukkwan Island très marquant et très touchant, entre les plans sur la nature qui sont absolument magnifiques et le sens profond du film. De plus, le film est assez lent, mais comme tout au long on sait qu’un drame se prépare sans forcément savoir ce qui va arriver, cela crée une tension et le rend absolument captivant. Je recommande ce film, mais je le déconseille aux âmes sensibles, car il possède des scènes très marquantes et choquantes auxquelles nous ne sommes pas forcément préparés.
Critique de film - Cloé

Sukkwan Island est un film franco-britannico-norvégien réalisé par Vladimir de Fontenay, adapté du roman de David Vann. Les acteurs principaux, Swann Arlaud et Woody Norman, incarnent la tentative d’un père fragilisé de renouer avec son fils adolescent en s’isolant sur une île perdue d’Alaska. Ce film est marquant par sa tension psychologique et sa puissance visuelle.
Tom, un père en pleine dérive personnelle, embarque son fils Roy pour une année sur une île reculée, Sukkwan Island. Ils vivent dans une cabane rudimentaire, doivent affronter les éléments, la solitude et leurs propres démons. Au fil des semaines, l’isolement révèle les failles de leur relation. En effet, Tom s’effondre, Roy tente de tenir, jusqu’à un événement brutal qui fait basculer l’histoire et réoriente entièrement le sens du film.
Le traitement visuel est un élément-clé du film. Vladimir de Fontenay utilise un cadrage large pour isoler les personnages au milieu de paysages immenses. Les plans sont assez longs et oppressants. On retrouve des plans fixes sur la cabane, perdue dans l’immensité, ce qui renforce le sentiment d’écrasement. Les gros plans sur les visages de Tom et Roy contrastent avec ces espaces ouverts et montrent la souffrance psychologique qui est de plus en plus présente. La caméra portée, parfois instable, met en avant les moments de tension intérieure, notamment lors des scènes où Tom vacille mentalement. Enfin, la nature n’est pas uniquement décorative, elle domine Tom et Roy.
Le travail sonore est également à prendre en compte. Le vent omniprésent crée un malaise continu. Le craquement du bois, les bruits sourds de la forêt ou de la pluie rythment les scènes et rappellent que l’île ne leur accorde aucun répit. De plus, les silences sont souvent longs, ce qui renforce le sentiment de solitude et le malaise, cela amplifie les non-dits entre le père et le fils. Dans les moments clefs, le film coupe presque tout son, ce qui rend les ruptures d’autant plus violentes. La musique est plutôt minimaliste, cette discrétion évite le mélodrame et renforce la sensation de réel brut.
Le jeu d’acteur est vraiment remarquable. Swann Arlaud incarne un père à la dérive avec une fragilité presque physique montrée par une posture affaissée, un regard fuyant, et parfois une voix cassée. Woody Norman incarne le personnage de Roy, un enfant livré à lui-même, mais capable d’une grande maturité qui le fait souffrir.
Le film suit d’abord la trame du roman, mais le twist narratif assez brut change tout le sens du film. Ce retournement révèle le véritable thème du film : la manière dont le traumatisme et la perte redéfinissent une existence entière.
Personnellement, je trouve que Sukkwan Island est un film profondément marquant. On retrouve peu d’effets, mais une immersion sensorielle intéressante. Le film peut être dérangeant et mettre mal à l’aise, et c’est ce qui le rend, selon moi, puissant et réussi.
On peut lui reprocher un rythme lent, mais il reste un film visuellement splendide et émotionnellement perturbant avec un twist inattendu. En sortant de la salle, on ne pense pas seulement à la survie, mais aussi à ce qu’il reste d’un lien lorsqu’il a été détruit.

Critique Alicia

« Les autres »
de Alejandro Amenábar
2001


Dans une demeure où la lumière représente un risque, l'élément le plus effrayant n'est peut-être pas ce qu'on aperçoit... mais plutôt ce que l’on ignore.
« The others » ou « Les autres » traduit en français, est un film d’horreur et de suspense sorti en 2001 dont le réalisateur est Alejandro Amenábar. Les acteurs principaux sont Nicole Kidman dans le rôle de Grace Stewart ,Fionnula Flanagan qui joue Mme Mills, ainsi que Christopher Eccleston qui interprète Charles Stewart, Alakina Mann dans le rôle de la petite fille Anne et James Bentley dans le rôle de Nicholas.
Le réalisateur nous plonge dans l’histoire d’une femme nommée Grace Stewart et ses deux enfants, Anne et Nicholas tous les deux atteints d’une maladie les obligeant à rester dans la pénombre et à éviter tout contact avec le soleil. Ils demeurent dans un grand manoir isolé du village le plus proche, dans lequel ils attendent la venue de nouveaux domestiques. Très vite, il va se passer une série d’événements inquiétants au manoir. Anne la petite fille, dit voir et entendre des gens notamment un petit garçon nommé Victor, ce qui a le don d’agacer sa mère qui ne la croit pas. Malheureusement pour la mère, les histoires paranormales que lui raconte sa fille commencent à se manifester de plus en plus. Une succession de faits inquiétants vont se manifester progressivement tout au long du film.
Alejandro Amenábar a choisi une mise en scène plutôt simple, assez minimaliste mais efficace. La maison plongée dans la pénombre devient alors un personnage à part entière. Les cadrages resserrés, les mouvements de caméra lents et les jeux d’ombres créent un climat étouffant. Le réalisateur favorise la suggestion à la démonstration. Cela permet de renforcer l’imaginaire du spectateur et de créer une peur plus psychologique que « spectaculaire ».
Pour ce qui est de la bande son, la musique est composée par le réalisateur lui-même. Elle reste discrète par certains moments, mais joue un rôle important dans le film. Elle se manifeste aux moments clés pour intensifier la tension, sans jamais abuser du jump scare sonore. Aussi, il y a un travail sur le silence qui est digne d'attention : ces moments calmes, presque suffocants, rendent chaque bruit, souffle ou pas dans le couloir inquiétants. De simples bruits quotidiens rendent l’atmosphère pesante et le spectateur est en alerte. Le son participe à la montée en tension des scènes surnaturelles.
Au niveau du jeu d’acteur, Nicole Kidman est tout simplement impressionnante dans la peau de Grace. Elle nous fait découvrir une mère rigide, marquée par la disparition de son mari et rongée par la peur de perdre ses enfants. On la voit naviguer entre une autorité très sévère, des moments de vulnérabilité et une hystérie qu'elle tente de contenir.
Les enfants Anne et Nicholas, dégagent une maturité surprenante. Ils parviennent à exprimer à la fois la pureté de l'enfance et une « lucidité » dérangeante, face aux événements qui les entourent et qu’ils vivent. Quant aux domestiques, particulièrement Mme Mills, ils apportent une présence mystérieuse qui est à la fois rassurante et troublante, ce qui rend certaines scènes énigmatiques.
Dans ce film , Les Autres montre que la peur vient souvent de ce que l’on refuse d’accepter. Il est question de déni car les personnages ont du mal à accepter ce qui s'est passé, leurs passés. Grace et ses enfants sont en quelque sorte piégés dans ce qu’ils ont vécu. Ils sont prisonniers non pas à cause de fantômes, mais à cause de leur propre déni et de leur incapacité à faire face à la réalité. La culpabilité détruit Grace, nous pouvons le constater dans ses actes, elle cherche à tout contrôler comme pour reprendre en main une vie ou des actes, qu’elle n’aurait pas pu contrôler. Cela explique sa rigidité et sa sévérité envers ses enfants et la difficulté pour les personnages d’évoluer.
Au final, le message du film est que les véritables “autres” ne sont pas toujours ceux que l’on croit : parfois, nous nous faisons peur à nous-mêmes en refusant la vérité. Il y a également l’analyse sur l'exploration de la limite entre la vie et la mort qui sert de réflexion sur la mémoire. Le vrai film d’horreur, c’est la difficulté à oublier les fantômes de son passé, c’est pour cela que le déni est présent dans tout le film. Il est question en réalité de deuil.

Pour terminer, j’ai vraiment beaucoup apprécié le film, de part l’intrigue et l’ambiance mystérieuse qui nous laisse nous poser des questions sur ce qui a bien pu se passer, et sur pourquoi les personnages agissent ainsi. J’ai vraiment énormément aimé la fin, il y a un vrai retournement de situation auquel on ne s’attend pas. C’est un film que je recommande fortement pour les personnes curieuses et qui aiment se faire surprendre. J’aimerais également ajouter qu’il est souhaitable de regarder le film en deux fois : la première fois pour découvrir le film tout simplement et la deuxième pour analyser et faire des liens avec le retournement de situation de la fin.
Knit’S Island Filmer La RéAlité D'Une ÎLe Imaginaire